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| Damien Deroubaix 2009 |
| 14.05.2009-04.07.2009 |
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Damien Deroubaix
Vue de l´exposition, Nosbaum & Reding, Luxembourg, 2009 |
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Pour sa troisième exposition personnelle à la Galerie Nosbaum & Reding, Damien Deroubaix s´est
provisoirement détourné de l´univers grunge et autres apocalypses sonores, dont les références
pullulaient dans ses allégories picturales où les pépées estropiées le disputaient à un bestiaire
foutraque, appelant ici à bouffer du béké (« Eat the rich »), se contenant là d´un « yeah » un peu con.
Réputé pour ses investigations aussi intrépides qu´ambiguës dans le champ de la culture vernaculaire,
« le plus allemand des peintres français » (Thibaut de Ruyter) s´est cette fois-ci inspiré du grand
Dürer, plus précisément par sa gravure Nemesis (Das größe Glück), dans laquelle la déesse grecque du
même nom (qui, comme chacun qui a subi ses foudres le sait, est synonyme de vengeance) est
assimilée à sa compère romaine Fortuna (qui, comme chacun qu´elle persiste à bouder le sait, signifie
la chance). Illustrant cette duplicité, la figure de Dürer manie à la fois le calice, récompense pour celui
qui sait se tenir, et les rênes, châtiment qui attend tous ceux qui se sentiraient pousser des ailes :
Zuckerbrot und Peitsche, comme disait Bismarck, une histoire (teutonne ?) de carotte et de bâton, en
somme.
Malgré son titre coquet, Pusteblume, le tableau central de cette exposition sous le signe de la
dichotomie dürerienne, si l´on ose dire, a tout du scénario de fin du monde, une impression que vient
confirmer son codicille, Spread the disease. Comme quoi, on ne se refait pas. Sous la main de l´artiste,
la métaphore du gentil pissenlit, dont le bambin joufflu souffle gaiement les graines, devient
synonyme de contagion insidieuse : virus, infections, maladies sexuellement transmissibles, en veux-
tu, en voilà. Ce tableau en particulier pourrait emprunter son mode opératoire à Gustav Klimt, dont
personne n´ignore plus que les portraits, sous des dehors de dorure, laissent pointer la décadence que
l´on est venu à attribuer à l´Europe fin de siècle ; passons sur l´actualité de ce genre de constat
morbide. Or, loin des séductrices du symboliste viennois, la femme fatale dans l´œuvre de Damien
Deroubaix se présente sous les traits d´une double figure christique lâchée au gré des vents, semonce
maléfique que s´apprête à accueillir un champ enjambé par un improbable pont à haubans. Cet
aggloméré crucifié d´aigle de deutschemark et de tête de potiche extraite d´un vidéoclip se demande
visiblement ce qui lui vaut ce calvaire. La faute à pas de chance, sans doute.
Damien Deroubaix, né en 1972 à Lille, France, vit et travaille à Berlin. Parallèlement à son exposition à la galerie Nosbaum & Reding, il participe à la triennale « La Force de l’Art 02 » au Grand Palais à Paris. Récemment il a été nominé pour le prestigieux Prix Marcel Duchamp. Dès septembre 2009 démarrera une importante exposition itinérante de l’artiste intitulée « Die Nacht », au Saarlandmuseum Saarbrücken, à la Villa Merkel à Esslingen ainsi qu’au Kunstmuseum St. Gallen. |
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