Perverse Sublime of the Toxic

07.3.2013 - 20.4.2013

Artist



Nous avons le plaisir de vous annoncer que l'exposition, qui se tiendra du 7 mars au 20 avril (vernissage le 7 mars), sera une première dans son genre dans notre galerie et une rareté dans les circuits de l'art contemporain. Une rencontre d'un artiste contemporain, un peintre, et d'une sélection de sculptures d'art premier. Le peintre, figuratif, d'un gestuel expressif, précise son langage dans un choix minutieux et répétitif de sujets ou de signifiants, sans pour autant préciser le signifié. Ceci nous amène directement à la pensée primaire de l'expression traditionnelle, non-occidentale, non moderniste des peuples subsahariens. Le signifié n'est pas dit, les expressions plastiques s'y approchent, elles tournent autour de leur(s) sujet(s) comme les danses rituelles amenant un état de transe, un état de fusion avec le divin, on y participe alors. Ce principe de participation, longtemps décrié par les modernistes (on misait sur le tout intellectuel), revient en force dans l'art contemporain depuis une dizaine d'années, peut-être sous l'influence conjointe de deux phénomènes différents: la mondialisation de l'art contemporain qui cherche à intégrer de nouvelles sphères culturelles et pour cela renonce à ses anciennes doctrines et de l'autre côté la reprise des principes de participation par la troisième génération d'artistes d'un art global, héritière de Beuys, adeptes des propos sociétaux, redevenus des propos privatifs (parce que déçus) et se projetant dans des objets à caractère rituel. Ces explications pour réclamer la proximité des deux mondes.

L'expérience trouve dans Manuel Ocampo un casting optimal. Issu des Philippines, pays où les rites païens (les dernières tribus des grandes forêts tropicales n'ont cessé leur mode de vie ancestral que dans les 30 dernières années) et la pensée moderniste (dans les années 1930, les Philippines étaient la deuxième puissance économique de l'Asie derrière le Japon) se sont côtoyé pendant presque 500 ans, il possède une étonnante sensibilité et extraordinaire connaissance pour mener le spectateur à travers un marasme de formes, de sujets et de signifiants vers un entendement inattendu, sans pour autant laisser le spectateur à ses réponses figées. Manuel Ocampo nous promène dans l'iconographie occidentale, s'y sert avec talent; ses rapprochements et compositions formulent des sujets où se côtoient des tentatives de pensée politique et l'anarchie du subconscient.

Dans ce spectacle nos Guests nous interpellent tant par la qualité de leurs expressions que la simplicité du langage formel. La pureté des matériaux – tous d’ailleurs dans un état de conservation excellent – souligne cette noblesse retenue d’un art que nous commençons à regarder de plus en plus pour ses qualités propres, ceux qui nous font participer à des mondes inconscients de la nature humaine. Ainsi l’exposition s’articule autour de certaines pièces-phares comme ce masque Punu et encore une exceptionnelle figure Basikasingo, la plupart étant de la fin du 19ième siècle. Les pièces sont réunies par le marchand Alfons Bermel et proviennent pour la plupart de collections réputées.