People With Vaginas

13.9.2018 - 13.10.2018

Artist



?People With Vaginas?, printed in pink letters on stickers, is the title of the second exhibition by Aline Bouvy at Nosbaum Reding Gallery. The starting point for this project was a designation of the female sex appearing in an article on the design of speculums and other gynaecological tools made from soft materials as alternatives to the metallic coldness of the obstetric leg separator. (1) The new designs are reminiscent of sex toys or the bottle nipples for young animals the artist inserts in her white earthenware pizzas suspended on giant trays.
Human organs are incorporated into her pizza toppings among vegetables and sausages. Food and intestines mix with the other elements of the exhibition, which revolve around eating each other, as suggested by the photograph of the anti-cannibalism spray that the artist associates with anti-capitalism, the subtext of this exhibition around bowels.
A scavenging animal such as the rat, the main character of the show, becomes endearing through its humanisation, despite embodying our unconscious fear of attacks from below. The pizzas are body parts and the rats are sophisticated humans, in the manner of fables that use animals as human metaphors. Anthropomorphism and cannibalism are called upon to dissect our relationships to each other and to the body, between attraction and repulsion, between ?I love you? and ?I eat you?.
Rats survive on the bins of humanity. Pigs are suspected of cannibalism when coerced into intensive farm life. We eat ourselves. Mad-cow powder. Everything is simultaneously black and white, deep and superficial. Colour is reserved for the representation of the supporting structures in fake wood and false brick, the whole scenery appearing on the backdrop of a landscape painted al fresco. Being in a dream and present at once. A ubiquitous elsewhere that exists in our heads and our dysfunctional generic bodies. A delusion of consumption that leads to eroticisation, to industrial craving.
A play with images that mirror (speculum) each other, as imagined by Claes Oldenburg in the 1960s with his window displays of fake food. Here, the transparency of the supporting material responds to the opacity of the black wall: black humour as the only way out of despairing capitalism? And running through it all, a total creativity of mutant rather than despairing characters.


Sonia Dermience

(1) Rose George, ?How to redesign the vaginal speculum?, The Guardian, 23 April 2018.


Aline Bouvy?s (LU, °1974) multidisciplinary practice is a way of expressing her refusal to compromise and adapt to systems in our society which aim to regulate our longing, conforming it to the norms and values which shape that same society. Bouvy questions and denounces how the images we have of ourselves and of humanity are determined by this morality. Generally speaking, she looks at how we handle contemporary cultural production and takes a stand against norms and values society imposes upon us. Because of this, she is attracted to the non-conventional ? not to fetishize elements from the margins of society, but from a wish to normalize what is considered out-of-bounds, and thereby to adjust the prevailing morality.


Aline Bouvy has graduated from ERG, Brussels and from Jan Van Eyck Academie, Maastricht. After many years of collaborative artistic activities, she started a personal career in 2013. Aline Bouvy has recently exhibited at Loggia (Munich, 2018), CIAP (Hasselt, 2017), Motel (New York, 2016), Exo Exo (Paris, 2015), Espace Arts Plastiques Madeleine Lambert (Vénissieux, cat., 2014), and NICC (Brussels, 2013). She has also participated in numerous group shows in international art centres, museums, institutions, galleries, among others Domaine Pommery (Reims, September 2018), Mélange (Cologne, 2018), Musée national d'histoire et d'art (Luxembourg, 2016); Kunstraum (London, 2015); Le Confort Moderne (Poitiers, 2014), ... Aline Bouvy developed various projects in public spaces.

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?People With Vaginas?, imprimé en rose sur des autocollants, est le titre de la deuxième exposition d?Aline Bouvy à la galerie Nosbaum Reding. À la base de ce projet, une dénomination du sexe de la femme trouvée dans un article sur le design de spéculums et autres outils gynécologiques élaborés à partir de matériaux soft, proposant une alternative à la froideur métallique de l?écarteleur (1). Ces nouveaux articles rappellent les sex toys ou les tétines pour animaux que l?artiste introduit dans les pizzas en faïence blanche qui sont suspendues sur des plateaux géants.
Des organes humains sont intégrés à la garniture des pizzas parmi les légumes et les saucissons. Nourriture et intérieur du corps sont mélangés avec les autres éléments de l?exposition, qui parlent de se manger l?un l?autre, comme l?évoque la photographie du spray anti-cannibalisme que l?artiste ne peut s?empêcher d?associer à l?anti-capitalisme, sous-texte de cette exposition sur les entrailles.
Un animal nettoyeur tel que le rat, personnage principal, devient attachant dans son humanisation, alors qu?il incarne l?inconscient de l?attaque du bas. Les pizzas sont des morceaux de corps, les rats sont des humains sophistiqués à la manière des fables qui prennent les animaux comme métaphores de l?humain. Anthropomorphisme et anthropophagie démontent notre rapport à l?autre, au corps, entre attraction et répulsion, entre « je t?aime » et « je te mange ».
Les rats survivent sur les poubelles des humains. Le cochon est soupçonné de cannibalisme quand il est entassé dans une ferme d?élevage intensif. Nous nous mangeons nous-mêmes. Poudre de vache folle. Le tout est noir et blanc, profond et en surface. Les couleurs sont dévolues à la représentation des supports en faux bois et fausse brique ; le tout, sur un fond de paysage al fresco. On rêve et on est là. Un ailleurs omniprésent qui vit autant dans nos têtes que dans nos corps génériques, dysfonctionnels à souhait. Un délire de consommation qui nous mène à l?érotisation, à la faim industrielle.
Jeu d?images qui se renvoient les unes les autres dans un rapport au miroir (speculum) tel que l?avait envisagé Claes Oldenburg dès les années 60 avec ses vitrines de fausse nourriture. Ici, la transparence des supports renvoie à l?opacité du mur de blé noir pour faire parler l?humour noir ? seule issue à ce désespérant capitalisme ? Avec, en diagonale, une créativité totale des personnages mutants plus que désespérants.


Sonia Dermience

(1) Rose George, « How to redesign the vaginal speculum », The Guardian, 23.04.2018.


La pratique multidisciplinaire d'Aline Bouvy (LU, °1974) est habitée par son refus de compromis et d'adaptation aux systèmes de notre société qui visent à réguler notre désir, en le conformant aux normes et valeurs qui forment cette même société. À travers la mise en place de stratégies poétiques et d'une esthétique rigoureuse à l'humour engagé, elle questionne les hiérarchies de pouvoirs établis et les systèmes patriarcaux. Sa pratique s'efforce à confronter ce qui est considéré comme hors norme, par le biais de narrations souvent ancrées dans le contexte même des lieux où elle présente son travail, interrogeant simultanément le rôle de l'artiste et son engagement à travers les productions culturelles contemporaines.


Aline Bouvy est diplômée de l'ERG, Bruxelles et de la Jan Van Eyck Academie, Maastricht. Après de nombreuses années d'activités artistiques collaboratives, elle a entamé une pratique personnelle en 2013. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions personnelles, parmi lesquelles Loggia à Munich (2018), CIAP à Hasselt (2017), Motel à New York (2016), Exo Exo à Paris (2015), Espace Arts Plastiques Madeleine Lambert à Vénissieux (cat.; 2014) et NICC à Bruxelles (2013). Aline Bouvy a également participé à de nombreuses expositions collectives dans des centres d?art, musées, institutions, galeries, tels que Domaine Pommery à Reims (septembre 2018), Mélange à Cologne (2018), Musée national d'histoire et d'art à Luxembourg (2016); Kunstraum à Londres (2015), Le Confort Moderne à Poitiers (2014), ... Aline Bouvy a réalisé plusieurs projets dans l?espace public.