Memorial drive

10.9.2009 - 07.11.2009

Artists

  • Carine et Elisabeth Krecké


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La Galerie Nosbaum & Reding est ravie de présenter une exposition personnelle de Carine et Elisabeth Krecké intitulée Memorial drive. En 2006, les artistes (nées en 1965 à Luxembourg) avaient déjà participé à une exposition de groupe à la galerie, organisée dans le cadre du Mois Européen de la Photographie au Luxembourg, où elles avaient montré une série de photographies fictives dont les références s’inspiraient au niveau visuel à la culture cinématographique occidentale.

Pour cette exposition, Carine et Elisabeth Krecké ont élargi leur champ d’exploration et ont réalisé une nouvelle installation intitulée Memorial drive (2009) consistant en un diaporama de 100 images numériques projeté de manière synchrone sur deux parois de la galerie, d’une durée d’un peu plus de 6 min., tournant en boucle.


Memorial drive par Carine et Elisabeth Krecké

Memorial drive est un roadtrip fictif à travers le Texas contemporain, réalisé à partir de trois types d’images :
-    des photos prises de la route, à partir de la voiture, de façon aléatoire, lors d’un voyage au Texas que nous avions fait en 1997. Ces lieux, nous avons pu les relocaliser plus ou moins exactement sur Google Street View en 2009.
-    des images numériques fabriquées de toutes pièces, à partir de fragments de centaines de photos que nous avions réalisées au Texas en 1997. Des lieux fictifs donc, des non-lieux, mais produits en référence à des lieux existants, repérés sur Google Street View, notamment à Dallas, Detroit, ou en plein désert de l’Ouest du Texas. Google Street View est utilisé non seulement comme source d’inspiration, mais est récupéré (ou revendiqué) comme esthétique ou genre photographique à part entière.
-    des images sur lesquels est inscrit, blanc sur fond noir, une adresse avec code postal (correspondant à un lieu réel, tel que répertorié par Google Map).

La bande son alterne silences et fragments d’enregistrements de la mission Apollo 8, en orbite autour de la lune en décembre 1968, commentant en direct, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la Terre vue de l’espace.

Toutes les images de Memorial drive figurent de grands espaces ouverts, mais dont l’ouverture n’est qu’illusoire. Toujours le même type de déserts (naturels, urbains) limités par le vide, balisés par l’absence humaine. Le roadmovie et sa fascination pour le désert américain est interprété comme réponse nostalgique (et vaine ?) au sentiment de vivre dans un monde de plus en plus clôturé et cerné par les réseaux de la technologie : caméras surveillance, radars, satellites, GPS, téléphones portables, passeports biométriques, connexions Internet, cartes de crédit, traces ADN…. Pas un centimètre carré qui n’échappe à l’œil bienveillant de Google Earth. Plus de hors champ. Plus aucun trou noir toléré dans nos vies de citoyens du monde globalisé.

Nos photographies, semi-réelles, semi-fictives, figurent davantage des espaces mentaux que réels. Elles sont plutôt dans un registre de souvenirs du monde, tels que l’esprit peut en fabriquer dans le rêve ou lors d’un éloignement prolongé au monde (comme nous en avons fait l’expérience en 2008/2009 avec la maladie d’Elisabeth). Memorial drive est un voyage abstrait, fait de mémoires personnelles ou collectives, Google Map à l’appui. Forcément, une mémoire qui tourne à vide. Après tout, « Memorial drive » n’est rien que le nom d’une banale rue de Dallas, quasi déserte, traçant une trajectoire insensée dans un gigantesque terrain vague (la première photo du diaporama).


Carine et Elisabeth Krecké / 2009