Epic Fail

17.1.2013 - 02.3.2013

La Galerie Nosbaum & Reding a le plaisir de présenter une exposition personnelle de l’artiste polonais Wawrzyniec Tokarski, né à Gdansk en 1968, vivant et travaillant à Berlin.

Wawrzyniec Tokarski prit une de ces pages de magazine avec un grand plan d’Isabelle Huppert pour y noter quelques phrases qui lui sont passées par la tête lors de dernières lectures: “N'est-il pas mieux de disparaître que de vivre dans le cliché d'une existence?” ou bien “Toute existence n'est-elle pas orientée par les regards qui se posent sur elle?”. En regardant une seconde fois le portrait d’Isabelle Hubert il pensa à Anna Karenina. Beau personnage littéraire qui sûrement au regard de ces citations aurait eu son mot à dire. Finalement il s’est rendu compte que le portrait en question représente Isabelle Huppert en tant que Madame Bovary dans une production de Claude Chabrol. Le tableau fait 3 x 6 mètres et représente tout ce jeu de pensées de l’artiste; il se trouve sur le grand mur de la salle du fond chez Nosbaum&Reding. Adjacent, nous trouvons un ensemble d'aquarelles, 100 x 70 cm chacune, reprenant, sous la manière d'une ready-made ou d'un collage, des images sorties de livres, de la presse ou d'internet. Aussi ici Tokarski les combine avec des slogans perturbants.

L’orientation conceptuelle de ce peintre devient de plus en plus évidente. Si dans la première salle certains motifs, faussement naïfs, sèment le doute chez le spectateur en bouleversant son habituelle grille de lecture, il s’approche rapidement du contenu au moment de la lecture d’une phrase, peinte au-dessus d’une élégante silhouette féminine: “Due to popular demand you can have a cake and eat it too”. Slogan politique ou publicitaire qui précise le sens de lecture de la toile ou le détourne de nouveau. Selon l’artiste il suffit de prendre les slogans ou les titres et les mettre dans les moteurs de recherche de Google, tout un univers d’interprétation s’ouvre à ce moment, dévoilant la complexité du monde.

Le travail de Wawrzyniec Tokarski est montré depuis la fin des a. ’90 en Europe, aussi bien dans des institutions réputées que dans des galeries. En 2007 le Saarlandmuseum Saarbrücken lui avait consacré sa première exposition monographique et publié un catalogue exhaustif aux éditions Hatje Cantz.