Barthélémy Toguo

Heimatlos

25.10.2018 - 05.1.2019

On ne présente plus Barthélémy Toguo (né en 1967 au Cameroun, vit et travaille entre Paris et Bandjoun, Cameroun), artiste camerounais dont l’œuvre protéiforme interroge l’actualité sociale et politique du monde. Mêlant rigueur conceptuelle et expressivité formelle, son travail se signale par une grande sensibilité lui permettant d’aborder avec empathie des sujets souvent brûlants, parmi lesquels l’exil et la diaspora occupent une place de prédilection. L’exposition Heimatlos chez Nosbaum Reding fait ainsi référence au phénomène migratoire qui secoue le continent européen et menace de redessiner la carte politique à l’échelle mondiale. Elle prend la forme d’une trentaine de plaques en émail dérivées des tampons en bois créés par l’artiste en réaction au tollé déclenché par la décision de la chancelière allemande Angela Merkel en 2015 d’accueillir les migrants en provenance de Syrie. Les plaques portent en inscription des mots ou des bribes de phrases qui avaient alors émaillé le débat public : « Einwanderung » (immigration), « Refugees welcome », « Papiere bitte » (Papiers svp), mais aussi « Merkel muss weg » (Merkel doit partir), engageant une réflexion sur la portée réductrice du mot face à la réalité complexe d’un phénomène aux facettes multiples.


Le deuxième volet de la présentation est axé sur une série d’aquarelles réalisées pour les besoins de l’exposition Homo Planta. L’homme végétal à la Fondation Blachère à Apt. Ces œuvres diaphanes, qui représentent des plantes aux accents anthropomorphes, « évoquent la présence de l’homme dans la nature, en harmonie ». Mais sous des dehors chatoyants, elles nous mettent en garde contre la disparition de la biosphère : « Il faut respecter et protéger la planète. Quand il n’y a plus de plantes, c’est la mort. »


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Nosbaum Reding Gallery presents a new solo exhibition by the internationally renowned Cameroonian artist Barthélémy Toguo (b. in 1967 in Cameroon, lives and works between Paris and Bandjoun, Cameroon). His multi-facetted work combines conceptual rigour and formal expressivity to question the social and political developments of the world, tackling sensitive topics such as exile and the diaspora with a great sense of empathy. The exhibition Heimatlos (Homeless) looks at the migration crisis that is shaking the European continent, and its repercussions on the global political map. It consists of thirty enamelled boards derived from a series of wooden stamps the artist created in reaction to the public row triggered by the decision of the German Chancellor Angela Merkel in 2015 to open her country’s borders for migrants from Syria. The signs bear words or catchphrases that marked the debate then and now: ‘Einwanderung’ (immigration), ‘Refugees welcome’ or ‘Papiere bitte’ (Papers please), but also ‘Merkel muss weg’ (Merkel must go), offering a reflection on the limitations of speech and language in the face of a complex reality.

The second part of the presentation revolves around a series of watercolour drawings created for the purposes of the artist’s recent exhibition Homo Planta: L’homme végétal at Blachère Foundation in Apt, France. These delicate plant-like compositions with anthropomorphic traits ‘evoke the presence of man in nature, in harmony’. But beneath their fascinating beauty lies a stark warning against the disappearance of the biosphere: ‘We must respect and protect the planet. When there are no more plants left, it means death.’