Anna Krieps 19.9.2019 - 19.10.2019 Projects Iconographie

About the exhibition

Pour sa première exposition à la galerie Nosbaum Reding Projects, Anna Krieps s?intéresse à la représentation de la femme dans l?art pour engager une réflexion plus large sur la place du corps féminin dans l?imaginaire collectif.

 

Dans la série de photographies intitulée Iconographie, l?artiste luxembourgeoise convoque des tableaux célèbres comme Le Déjeuner sur l?herbe (1863) d?Edouard Manet, La Vierge en prière de Sassoferrato (vers 1640-1650) ou La Vénus au miroir (vers 1647-1651) de Vélasquez pour interroger l?image de la femme façonnée et véhiculée par l?histoire de l?art.Vénus ou courtisane, hétaïre ou madone : dès la Renaissance, les peintres cultivent une vision binaire de la femme, présentée comme un archétype sans nom ni identité.

 

Dans le travail d?Anna Krieps, en revanche, le modèle est identifiable et porte un nom : il s?agit de sa s?ur Vicky, comédienne de renom international, qui, ici, s?offre à nous dans une pudeur à peine dissimulée. En choisissant une actrice pour incarner les femmes représentées dans ces chefs-d??uvre de l?art (masculin) occidental, l?artiste réussit un double tour de passe-passe : d?une part, elle utilise l?effet de reconnaissance comme un levier lui permettant de pointer l?anonymat des modèles originaux, et d?autre part, elle renvoie au statut de la femme dans le contexte plus large de la production d?images, dont le cinéma est aujourd?hui l?un des plus puissants vecteurs.

 

En mélangeant deux niveaux picturaux ? celui de la scène photographiée et celui des décors peints ? les compositions oniriques d?Anna Krieps opèrent par ailleurs une mise en abyme qui invite à s?interroger sur la frontière entre rêve et réalité, entre artifice et véridicité : un questionnement qui a de tout temps hanté les artistes et qui, à l?ère du numérique, n?a rien perdu de son actualité.

 

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For her first exhibition at Nosbaum Reding Projects, Anna Krieps looks at the representation of women in art to initiate a broader reflection on the place of the female body in the collective imagination.

 

In the series Iconographie, the Luxembourgish photographer summons famous paintings such as Edouard Manet?s Luncheon on the Grass (1863), Sassoferrato?s Virgin in Prayer (c.1640-1650) or Velásquez?s Toilet of Venus (c.1647-1651) to question the image of women shaped and promoted by western artists. Venus or courtesan, Hetaira or Madonna: since the Renaissance, painters have cultivated a binary vision of women, shown as archetypes without a name or identity.

 

The model in Krieps?s re-enactments, on the contrary, is recognisable and has a name: her sister Vicky, who is taking the place of the famously infamous female models, is an internationally renowned actress. By choosing an actress to incarnate the women depicted in these masterpieces of Western (male) art, Krieps achieves a double result: on the one hand, she uses her sisters notoriety as a means to highlight the anonymity of the original sitters, while on the other hand attracting attention to the status of women in the broader context of contemporary image production, of which film is one of the most potent vehicles.

 

By intertwining two pictorial planes ? the photographed scene and the painted backgrounds ? Krieps?s oneiric compositions furthermore operate a mise en abyme that invites viewers to challenge the difference between dream and reality, or artifice and authenticity ? a question that has been haunting art since the dawn of time, and never more so than in the digital age.

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